Soulages d'avoir quitte notre couchsurfeuse et d'avoir trouve un hotel pres de la gare, nous nous lancons a l'assaut de Bucarest.
C'est une ville assez grande, polluee mais finalement assez calme : on est pourtant samedi, mais la circulation est plutot reduite et il y a assez peu de monde en rue (peut-etre parce qu'il fait tres lourd ?).
Difficile de trouver le centre proprement dit : il y a peu de coherence, les batiments anciens (XVIIIe et XIXe, tres baroques et tarte a la creme pour certains) y cotoient l'Art Deco et les tours sovietiques, sans compter les eglises orthodoxes et les synagogues. Les batiments financiers et culturels (universite, theatres et nombreuses bibliotheques) sont plutot neoclassiques. Bref, pas beaucoup d'unite et plein de choses a voir dans une seule rue...
Par dessus tout, une artere tres large (auparavant "boulevard de la Victoire du Socialisme") bordee de fontaines tracent la route jusqu'au "palais du Peuple", la modeste bicoque du couple Ceaucescu, pour laquelle il a fallu raser des quartiers entiers. C'est une masse enorme et parfaitement symetrique, surelevee, sur laquelle de grandes avenues convergent. Difficile de decrire l'enormite de la chose, mais franchement oppressant. Il a bien fallu le recyler, et c'est aujourd'hui le Parlement et la cour constitutionnelle.
Demain a midi, nous prenons le train pour changer de pays : a 18h (inch'Allah) nous serons a Veliko Tarnovo, en Bulgarie !
Bon, ben, oui, il y a des jours avec....et le 10 juillet sans (ceci etant, la proportion est plus qu'honorable)...Le ton de cette journee etait donne des le petit dejeuner au Burg Hotel de Sighisoara, et son service pas aimable du tout: pas de sourire, meme pas un au revoir ni un regard lors de notre depart...Du coup, on a eu beaucoup moins de scrupules de ne pas avoir paye la lessive qu'on avait commande la veille...Frauder en Roumanie, faut le faire quand meme!
Direction la gare, avec un voyage retour sur Bucarest de 5 heures qui s'est avere etre un long, tres long voyage de 7 heures, pour cause d'intemperies et d'accident sur les voies ferroviaires. Du coup, le petit paquet de cacahuetes nous a semble etre un bien maigre repas.
Mais le meilleur du pire etait pour la fin de journee! Apres un passage rapide au McDo de la gare de Bucarest, nous avons traverse la ville en metro pour retrouver I., notre hotesse de couchsurfing (notre premiere experience). Entre son chien-loup agressif, son vieux chat puant et famelique, sa vieille mere qui ressemblait au chat, l'odeur pestilentielle de la maison et les mites qui pulullaient dans la piece qui nous etait assignee, nous nous sommes retrouves bien en peine! Et pourtant, il etait deja 22h et nous n'avions pas le courage de nous desister et de retraverser la ville a la recherche d'un hotel. Tant pis, nous sommes passes par la sal(l)e de bain (et la, franchement, on vous passe les details pour vous eviter les haut-le-coeur que nous, nous avons eus), et hop! Au dodo (enfin, si on peut dire).
Le message d'hier n'etait pas notre dernier, nous avons brillament passe l'epreuve des sarmale (chou farci et polenta a la creme aigre), de la mamaliga (polenta au fromage et a la creme aigre) et des mititei (boulettes de viande aux epices). Et meme, on en redemande !
Apres une patisserie-the a Sighisoara, cap sur l'eglise fortifiee de Biertan, egalement classee a l'UNESCO : 30 km de microbus, puis 8 km a pied . Ca explique sans doute le peu d'affluence (meme si on a un peu triche, le stop est assez repandu). Superbe eglise plantee au milieu de nulle part, de loin on dirait un chateau de Playmobil.
Sur le chemin du retour (moitie a pied, moitie en stop, puis en train), on a pu admirer la campagne encore toute verte, une cigogne et des faucons.
Demain, on quitte le vert pour Bucarest, ou il fait apparemment 35 degres, et chez notre premiere couchsurfeuse...
Nous sommes arrives a Sighisoara dans l'apres-midi et sommes tout de suite tombes en admiration devant la ville (classee dans son ensemble comme patrimoine mondial de l'UNESCO). En route, nous avons depasse plein d'eglises fortifiees completement perdues dans la campagne, et aussi la plus grande usine de pneus de Roumanie, immense friche incendiee dans un paysage tout vert. Assez hallucinant.
Datee du XIIIe s., la citadelle est ramassee sur une colline faisant face a la plaine, et est defendue par une muraille ou chaque tour a ete payee et entretenue par une corporation, chaque fois dans un style different. L'interieur de la ville est fait de petites rues tortueuses, dont 3 ou 4 sont tres touristiques (le pere de Dracula y serait ne - on vous laisse imaginer les pires kitscheries), les autres presque desertes.
La ville est tres petite mais pleine d'atmosphere romantico-medievale, particulierement dans son petit cimetiere.
Plus terre a terre, nous avons deguste de grosses patisseries bien
cremeuses et des thes servis dans un service anglais plein de roses, et
- pire - on a adore ca ! Ce soir, c'est mamaliga au chou et a la creme aigre et mititei (ceci etait peut-etre notre dernier message, du coup).
En ce jour, excursion a Rasinari, a une quinzaine de km de Sibiu. Encore un village de campagne, mais pas n'importe lequel (dixit Raphael) ; le village de naissance et d'adolescence d'Emil Cioran, le philosophe boute-en-train de mon adolescence...L'auteur du "Precis de decomposition", de "Sur les cimes du desespoir", du "Breviaire des vaincus", sans oublier son livre culte, "De l'inconvenient d'etre ne". L'auteur de ce magnifique aphorisme tres inspire : "J'erre dans la vie comme une putain dans un monde sans trottoir"...Eh bien on comprend mieux maintenant combien un cadre de vie peut marquer une oeuvre! Il faut dire que nous avons atteint le village detrempes(avec un long arret a l'abri sur la route y menant pour cause d'orage) et que nous l'avons visite sous un ciel tres couvert (montagne oblige).
Sans blague : le village nous plait avec son eglise recouverte de fresques a l'exterieur et toutes ses ruelles pavees et ses maisons peintes tres photogeniques.
Demain : Depart pour Sighisoara!
Apres avoir quitte (un peu difficilement, avouons-le) la maison d'Anka, nous redescendons a toute allure vers la gare de Fagaras dans la voiture du patron de "La Claudiu".
Nous avions prevu de rallier Sighisoara, mais optons pour Sibiu en derniere minute, puisque le premier train a partir y va.
Sibiu a ete capitale europeenne de la culture europeenne en 2007... et ca se voit. La plupart des batiments (XVe s. pour les plus anciens, baroques dans le style austro-hongrois pour les autres) ont ete fraichememt repeints de couleurs pastel, donnant a l'ensemble un air un peu trop propre pour etre vraiment naturel.
Il se degage de la ville une ambiance tres bourgeoise, elegante, manquant peut-etre un peu d'ame.
Malgre tout, l'eglise a la toiture coloree, les ruelles tortueuses et les cinq enceintes successives ont un certain charme.
Nous avions prevu de louer des velos pour faire le tour des eglises saxonnes aux environs de Soars, mais plus aucun d'entre eux n'est en etat, et l'ami d'Anka nous propose de nous vehiculer dans quelques-unes d'entre elles.
La premiere etape est Cincsor, une eglise tres bien conservee au milieu d'un village presque desert. C'est une petite vieille saxonne qui en detient la clef et qui nous fait visiter, jusqu'a la tour du clocher. Entretenue avec peu de moyens par les rares Saxons a etre restes au village, elle a un cote delabre et envahi par les fleurs sauvages qui nous plait vraiment (on parle bien de l'eglise, pas de la vieille saxonne). Notre guide attend avec impatience les subsides de l'UE qui permettront de refaire les toitures.
Cincu ensuite, qui a perdu sa fortification, et qui a donc un aspect moins impressionnant. Mais on a une vue magnifique sur la campagne du haut de son clocher. Etonnamment, tout est encore tres verdoyant, on se croirait au printemps (la faute aux grosses pluies qui ont cesse peu avant notre arrivee).
Enfin, nous terminons par le monastere orthodoxe de Sambata, le plus important centre de pelerinage en Roumanie, situe au pied des montagnes Fagaras, dans un payasage magnifique. Il est envahi de touristes locaux, et nous ne n'y attardons pas plus que ca.
Nous quittons donc Brasov pour avancer plus loin dans les Carpates, direction Fagaras, ville situee au pied de la chaine de montagne du meme nom (dans les Carpates meridionales). De la, nous avions l'intention de rejoindre Soars, petit village perdu dans la campagne qui possede quelques chambres chez l'habitant. Le paysage vallonne qu'on a traverse pour atteindre Soars, avec ses lacets, nous a coupe le souffle. Le village aussi, d'ailleurs. tout ce que vous pouvez imaginer d'un village de campagne en plein centre de la Roumanie s'y trouve, pour notre plaisir: les vieilles granges en bois et des maisons que l'on restaure, l'unique magasin/brasserie au centre ("La Claudiu", qui n'est pourtant pas un bar pour travestis), les charettes tirees par des chevaux, les chiens errants, les vieilles qui trottinent le long des facades, le retour des animaux (vaches, moutons) qui traversent a la queue-leu-leu l'artere principale en fin de journee...Notre coup de coeur!
Puis, surtout, l'accueil extraordinaire que nous a reserve Anka, son ami et sa fille, l'adorable Andrada. Nous avons franchi la porte, et Anka nous a demande : "Alors, combien de mois comptez-vous rester?". Le ton etait donne! Quel plaisir ca a ete de manger les petits plats qu'Anka nous a mijotes (Tchorba, Stew,...), de trainer sur les fauteuils de la loggia a boire des cafes et papoter avec elle, puis de gouter notre premiere Tuica (alcool de prunes)
Bref: Un bonheur!
Comme prevu, visite du chateau de Bran tot ce matin...Apparement pas assez pour eviter les cars de touristes! 'Faut dire, le batiment doit etre une des principales attractions touristiques de la region, puisque notre ami Vlad l'empaleur y aurait sejourne une fois, ou deux, ou pas du tout. Donc gros marketing et echoppes de souvenirs tout autour de la magnifique batisse. Ceci etant dit, la visite etait plus qu'appreciable, le chateau un veritable petit bijou, fait de dedales et de pieces meublees au debut du vingtieme siecle pour le plaisir d'une certaine Marie de Saxe-Cobourg Gotha (m'enfin ils sont partout ceux-la!?)
Retour sur Brasov vers midi pour rejoindre une autre gare des bus des faubourgs afin de rallier Prejmer et son eglise teutonne fortifiee. On profite de l'attente pour grignoter local, un burek au fromage qui porte dans ce pays l'appetissant nom de "Placinta"...Hummm
Prejmer est une des nombreuses eglises-citadelles fortifiees de la region qui fut colonisee par les saxons, classees UNESCO. Une enceinte epaisse munie d'une multitude de cellules qui servaient de greniers et de refuge en cas d'attaque, ceinturant une eglise en croix grecque. Impressionant!
Voila pour notre deuxieme journee dans la region de Brasov! Merci pour vos messages et commentaires, c'est sympa de faire le voyage avec nous!
Demain nous quittons la ville, direction Fagaras et Soars, la campagne, avec l'envie de louer des velos et de faire la tournee de villages avec d'autres eglises fortifiees...
La premiere activite de la journee est la recherche d'un hotel, celui d'hier etant complet aujourd'hui. Par hasard, on tombe sur une toute petite pension qui a des allures de chalet, et qui nous tape immediatement dans l'oeil.
Le reste de la journee est consacre a l'exloration de la ville, finalement assez petite si on reste dans le centre medieval (la ville moderne etant betonnee dans le style totalitaire le plus abouti). Une montee vers la citadelle pour s'echauffer, avant de s'attaquer a la montagne boisee qui borde la ville au sud. Une heure pour arriver au sommet, d'ou une vue grandiose sur la ville et la plaine s'offre a nous. Tant qu'a faire, nous ignorons le telepherique pour redescendre, meme apres nous etre apercus que les viperes appreciaient les sentiers. Redescendus a la pension, nous apprendrons que des ours ont ete vus dans la foret il y a quelques jours...
Cote cuisine, nous n'avons pas encore eu l'occasion de gouter les specialites locales, a l'exception des bieres Ursus et Skol, et de patisseries au fromage blanc, ou a la creme fouettee et aux framboises (slurp).
La soiree ne sera pas longue ce soir : nous allons au chateau de Bran demain, ou a brievement sejourne un certain Vlad Tepes...
Voila, ca y est! Nous avons mis pied en Roumanie pour debuter notre periple! C'est le moment du premier message et des premieres impressions (et du premier cybercafe avec clavier qwerty, grrr!)
Notre premiere vision de Bucarest est a approfondir quand nous y repasserons pour rejoindre la Bulgarie ; pour l'heure, on peut juste parler de l'impression un peu chaotique que la capitale nous a laissee...Aeroport de Banasea vetuste, des gens couches sur des pelouses parmi des detritus et des chiens sur le terre-plein y faisant face, des travaux de voirie,...Hop! On attrape le bon bus direction la gare principale, premieres difficultes de comprehension avec le conducteur et nous voyageons dans sa cabine, la tete quasiment collee au pare-brise.
Tout se goupille assez bien, on prend le train pour Brasov dans l'heure qui suit, le quai de gare est-il un quai de gare, le faux controleur a bien tente de nous diriger a nos mauvaises places avec une maigre commission a la clef, mais on nous l'a fait pas! Choc du mendiant qui se traine par terre dans l'allee centrale du wagon...On est partis!
Le voyage se passe bien, on grimpe vers les premiers contreforts des Carpates...Jusqu'a Predeal ou...Nous connaissons notre premiere greve de train du voyage (et la derniere, on espere!)...Une heure d'attente, une derniere demi-heure de trajet et nous voici a destination.
Directement, c'est le coup de foudre avec Brasov, depaysement total, on a deja envie de prendre plein de photos et de faire des croquis...Les maisons sont quelque peu decrepies,ce qui ajoute au charme de la ville, l'architecture est un melange d'Allemagne, d'Autriche-Hongrie et d'Art Nouveau d'Europe de l'Est...Bref on n'avait jamais vu ca et ca nous plait!